Concilier diversification et diversité culturelle

Cet article n’a pas pour objet de donner des méthodes de diversification… il en existe surement autant que de pédiatres/médecins.

L’objectif aujourd’hui est de discuter d’une question que beaucoup de parents se sont posée… Comment faire découvrir ma culture à mon enfant ? Comment en transmettre le patrimoine culinaire ?

Parce qu’avouons le une culture c’est aussi découvrir les plats, des saveurs… Ma plus grande hantise étant qu’il ne mange rien chez son papi et sa mamie car il ne connaîtrait pas les goûts, les odeurs, les épices…

J’ai commencé à me poser ces questions lors de ma grossesse. Dans les nombreuses recommandations des aliments « à éviter », j’ai reçu la consigne « et évitez les épices ! » comme un coup de massue. Je ne mange pas pimenté, j’assume ! Mais les épices ! J’en utilise tous les jours ou presque… je parfume mes plats, j’assaisonne…  mois sans épices je ne l’ai même pas envisagé. Ça aura été la consigne de trop, j’ai dit STOOOOOOOOOOP !!! Et j’ai continué à mangé épicé sans aucun souci pour moi ou bébé.

L’allaitement est arrivé et rebelotte… « ne mangez pas trop épicé ni exotique »… Bon on ne mange pas des plantains tous les jours mais quand même…  je me suis posée longtemps la question et finalement le médecin d’une amie lui a dit lors de la diversification que « les fruits et légumes exotiques n’avaient aucun intérêt ». Là cela m’a révolté, ils sont tout aussi riches en vitamines et minéraux que les légumes courants en Europe.

Alors j’ai réfléchi et décidé d’intégrer des légumes « de chez moi » dans la diversification de Piou.
Le plus dur est finalement l’approvisionnement en légumes exotiques de qualité et ensuite j’ai procédé par déduction.

Je ne parlerai pas ici des quantités de viande/poisson à voir avec le médecin qui suit votre enfant. Vous avez également un guide indicatif dans le carnet de santé.

La diversification phase 1 : Miam de la purée

Nous l’avons commencée à 4 mois du fait des reflux (RGO interne) persistants. L’objectif était de calmer ces acidités par l’introduction d’une partie de l’alimentation en solide.
De 4 à 8 mois environ, nous n’avons intégré que des légumes et aucun féculent (pomme de terre, pâtes, riz, semoule etc).
J’ai dosé les légumes en augmentant les quantités progressivement versus une réduction de la part de lait infantile suivant le repas. Je n’augmentais que lorsque Piou réclamait son goûter plus tôt que son « rythme » habituel. Tant que la portion de légumes suffisait, je gardais la quantité stable.
Nous avons commencé par les légumes et par par les carottes mais par la courgette. Le goût est assez doux et surtout javais fait des portions de purée d’avance aux beaux jours.

Sur la même période, nous avons introduit les compotes au goûter. D’abord avec des fruits simples comme la pomme, la poire, la banane, les nectarines, les pêches, les abricots et bien sûr… les mangues, etc.

Nous avons introduit un légume ou fruit à la fois, pas de mélange en essayant de le lui proposer plusieurs jours sans pour autant attendre une semaine de chaque. Nous étions plus sur 3 ou 4 jours. Cela permettait de détecter d’éventuels allergies et identifier tout de suite le légume qui posait souci.
J’ai profité cette période pour introduire les bananes plantains au même titre que le panais et autres légumes puisque j’en avais mangé enceinte et durant l’allaitement.

La diversification Phase 2 : faut que ça le cale !

Comme vous l’aurez compris est arrivé le moment où malgré les légumes la satiété n’était plus au rendez-vous. Nous avons donc introduit les féculents. Le principe est simple j’ai commencé par le plus basique… la pomme de terre. Nous avons ensuite varié avec le riz, les pâtes, la semoule avant que mes parents ne me fasse parvenir des bons ignames de leur jardin. J’ai donc préparé des doses d’ignames que je mélangeais avec des légumes déjà connu de Piou. Il a aussi eu un peu de farine de manioc mais cela donne de bonnes joues aux bébés donc il n’en a pas eu très souvent.

La diversification phase 3 : Les morceaux !

Alors là il n’y a pas de règle… certains bébé ne jurent que par les purées, d’autres viennent aux morceaux directement. Piou aimait les purées mais est passé aux morceaux sans problème sans transition. Il ne comprenait pas le concept du mi liquide/mi-morceau donc nous avons fait le grand saut directement.
Pour mini-Piou c’est avec l’aide de sa crèche que nous sommes venus aux morceaux… ma petite canaille avait décidé que seules les purées avaient droit de cité… la transition s’est faite au long cours.

 

La diversification… ça a marché pour un… ça a marché pour un 😉

Chaque enfant a son propre rapport à la nourriture.
Piou prend plaisir à manger, découvrir. Le repas est un vrai moment important.
Pour mini-Piou c’est différent. Il ne mange jamais jusqu’à complète satiété mais juste ce qu’il faut pour ne plus avoir faim. C’est assez perturbant pour ceux qui ne le connaissent pas car parfois il prend vraiment de très petites quantités… c’est comme cela. Je pars du principe qu’un enfant, en bonne santé, ne se laissera pas mourir de faim.
Les enfants se suivent et ne se ressemble pas et votre « méthode » de diversification sera sans doute à réviser avec votre prochain enfant.

Et les épices dans tout ça ?

J’ai commencé à les introduire lorsque les goûts « primaires » étaient maîtrisés. Nous avons préparé des plats ensemble où je laissais Piou choisir une épice ou des herbes pour assaisonner les purées.
Pour mini-Piou le rythme était différent, j’en ajoutais une pincée par ci par là.
L’épice de base étant le curcuma pour ses propriétés anti-oxydantes présentes même en faible quantité. Elle n’aromatise ainsi pas la préparation mais vous donne ses bienfaits.

Sur cette photo, mini-Piou est bien au chaud dans mon ventre et commence à découvrir le colombo 😉

 

La diversification, si c’était à refaire ?

Je procéderai de la même façon. Qu’ils apprécient autant la nourriture qu’ils mangeront à la cantine ou chez des amis que celle qu’ils re-découvriront lors de nos vacances. Ne pas les sur-exposer à des aliments que je n’ai jamais consommé enceinte ou durant l’allaitement trop tôt. Ils ont découvert les naans et les makis concombre chacun vers 14 mois environ. Chaque fois avec un grand plaisir.
Les vacances en Martinique  il y a 18 mois ont permis de raviver ces goûts et en ajouter de nouveaux comme boire une noix de coco fraîche, manger de la langouste, etc.
Ils ne connaissent toujours pas le durian par exemple… mais je l’ai découvert moi-même vers 20 ans 😉
En résumé écoutez vous et écoutez bébé, c’est sûrement la plus belle façon de commencer à l’initier à son héritage culturel.

 

à bientôt…

© Dansmonnid.

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